Il y a des jours où on a de la chance

Parfois ça ne tient pas à grand chose… à Bourriquet cette fois ci…

LE VOYAGE

2/5/20263 min read

Voilà l’histoire…

À Guerguerat déjà le tenancier de l’hôtel me fait la remarque lorsque je lui dit que je ne croise presque pas de vélos : « c’est la saison des vents qui a commencé maintenant, il y avait bien plus de vélos les mois précédents. Il faut que tu fasses attention, encore plus en Mauritanie… » Bon, je passe dessus, on fera avec…

Arrivé à Nouadhibou, le réceptionniste, originaire de Dakar me prend à part et me dit : «  tu sais je connais bien la route, avec ce vent et les camions marocains ce n’est pas prudent d’aller à Nouaktchott en vélo… la route est mauvaise avec d’énormes nids de poules…le mieux serait que tu y ailles en voiture… ensuite ça ira mieux jusqu’au Sénégal… »

Le doute commence à s’installer… je vais voir la société PremierClasse qui semble faire la différence avec les autres : ils partent à l’heure, ils sont plus rapides car moins contrôlés du fait de leur sérieux etc… on me réserve une place pour le lendemain en me demandant quand même de revenir avec le vélo, pour finalement me dire que ce n’est pas possible au vu de la bête…

Je retourne voir le réceptionniste en lui disant que ce n’est pas possible… je partirai donc à vélo comme prévu…

« Écoute, je finis à 16h00, je t’emmène voir d’autres compagnies »… à l’heure prévue il m’attend avec un vieux VTT qu’il a retapé avec soin… on fait une première agence qui refuse également le transport du vélo, puis une seconde qui finalement m’accepte avec Bourriquet… négociation rapide du prix, et le réceptionniste me salue et repart tranquillisé chez lui sans oublier de me demander mon numéro de portable au cas où il y aurait un soucis…

Bon, finalement la mort dans l’âme, je rentre à l’hôtel en me demandant si c’est le bon choix. En même temps cela me permettra de consacrer plus de temps au Sénégal où il y plein de choses à voir, sans avoir forcément besoin d’un 4x4 comme ici…

Le lendemain matin, RdV est pris pour 7h30… Prévoyant, je suis sur place des 7h00, pour attendre le mini bus qui se pointe non préparé à 7h35… juste au moment où la société PremierClasse passe pile à l’heure sur l’avenue… bien blindé avec une galerie parfaitement rangée : le succès oblige…

Le temps de nettoyer le bus, de le charger, on part tranquillement un peu après 8h00, avec seulement 3 passagers à bord… le chauffeur s’arrête à plusieurs endroits pour tenter de compléter les sièges vides…

Le début du parcours se passe sans encombres, mais après environs 100km on croise le véhicule PremierClasse, celui pour lequel j’avais initialement une place de réservée, qui vient de heurter violemment un camion de face. Le choc a détruit tout le côté droit du véhicule et la galerie s’est arrachée du toit pour atterrir plus loin dans une dune… le jeune passager de notre bus initialement assis au niveau de la porte droite, en voyant l’état du véhicule accidenté, s’est déplacé bien en arrière et au milieu du bus…

Plus loin, la combinaison du sable sur la route soulevé par les nombreux camions me font penser que c’était quand même la solution. L’état de la route est terrible par endroits, et les véhicules slaloment tous pour éviter de taper dans les plus gros trous, circulant souvent à gauche de la chaussée…

Au final j’arrive à Nouaktchott soulagé d’avoir cette partie derrière moi,.. je ne comptabilise pas cette distance, en espérant la compenser sur la petite côte au Sénégal…. Pourquoi ne pas pousser jusqu’à M’Bour et aller à la rencontre du Normand qui c’est arrêté pour m’offrir de l’eau en plein milieu du Sahara Occidental…